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Il était interdit de le dire, mais il s’agit donc bien d’une guerre. François Hollande a lâché le mot qu’il s’était jusqu’à présent refusé à prononcer. Une guerre qui, depuis les terrains d’Afrique et du Proche-Orient, se propage sur notre sol et se déroule désormais à l’intérieur même de notre société des islamistes radicalisés, qui sont aussi des ressortissants français, massacrent à la kalachnikov ceux qui sont leurs compatriotes. Ce 13 novembre, notre pays a soudainement pris conscience de la gravité de la situation. L’ennemi peut frapper n’importe qui, n’importe où, n’importe quand. Avec une rapidité d’exécution sans précédent et une sauvagerie qui atteint des sommets d’abomination barbare. Depuis janvier, les alertes sérieuses n’avaient pourtant pas manqué. L’attaque avortée dans le Thalys ? L’étudiant soupçonné de planifier des attentats contre des églises à Villejuif ? L’homme mis en examen pour avoir décapité son employeur, en Isère, avant d’accrocher sa tête à un grillage avec le drapeau noir des milices islamistes ? Des « actes isolés » de « loups solitaires », le fait de simples « déséquilibrés », affirmaient, sans rire, les chœurs pudibonds de l’idéologie dominante, sans vouloir entendre les policiers et les magistrats, comme le juge anti-terroriste Marc Trévidic, qui mettaient en garde contre la catastrophe à venir… Pour ces thuriféraires du « vivre-ensemble », encore enivrés des slogans puérils de « l’après-Charlie », l’essentiel, bien entendu, était de ne surtout pas « stigmatiser ». Or, par un retournement sémantique littéralement sidérant, les voilà qui parlent aujourd’hui de « guerre de civilisations » ! Le si décrié Samuel Huntington tient sa revanche : après l’effondrement du bloc communiste, affirmait le professeur américain dans un livre fameux paru en 1996, les conflits ne seront plus fondés sur des clivages idéologiques et politiques, mais sur des clivages culturels et religieux… Nous y sommes, tout le monde en convient. Mais, pour mener une guerre, encore faudrait-il savoir la penser et s’entendre sur le terme « civilisation »… Or, contrairement à ce que feignent de croire nos hommes politiques qui n’ont que le mot « République » à la bouche, ce ne sont pas tellement les « valeurs républicaines » ridiculement réduites aux loisirs offerts par le mode de vie occidental qui ont été visées par l’islamisme radical. C’est la France, considérée, bien malgré ses dirigeants, comme une terre chrétienne un pays « croisé » comme il est dit dans le communiqué de revendication des attentats publié par Daesh. Indépendamment des confessions particulières des victimes, c’est donc à l’identité profonde de notre pays – ce mot tabou ! –, que les assassins s’en sont pris. Après cette tragédie, les Français seraient en droit d’attendre ce que le philosophe Michel Onfray appelle une « grande politique ». Mais des hommes qui ont fait du mépris des racines chrétiennes de notre pays et de la repentance généralisée la justification de toute leur vie publique, peuvent-ils saisir les enjeux posés par ce « choc de civilisation » ? Ce n’est que du bout des lèvres que les autorités ont évoqué le terrorisme « djihadiste » pour ne pas le qualifier d’islamiste, ce qu’il est concrètement. Ce déni fait des ravages. Il consiste à nous culpabiliser en « victimisant » les musulmans au nom d’une laïcité dévoyée qui fait de l’islam la religion des réprouvés. Cette idéologie a fait le lit de l’islamisme radical. Elle a enfanté des monstres dans ces « quartiers perdus de la République » dont on n’a pas fini d’entendre parler. écoutons, à ce propos, l’écrivain algérien Boualem Sansal, interrogé dans le Figaro Magazine : « Les intellectuels qui, tels des idiots utiles, marchaient dans ce système de la victimisation de l’islam et de l’immigré ne se rendent pas compte du mal qu’ils font, et d’abord aux musulmans ». Qui l’entendra ?
Editorial du n° 146 - Décembre 2015
Une guerre
Henri Bec et Isabelle des Garets conseillers départementaux