Les anciennes arènes romaines - 2 Réhabilitation du site et archéologie (1987à 2005)
Recherche du sol d'origine de la galerie antique
Archéologue technicien de l'A.F.A.N en cours du dégagement des différentes strates de remblais de terre hétérogènes et superposés couvrant le sol de la galerie antique. Le plus ancien niveau de circulation sera péniblement atteint une quarantaine de centimètres plus bas malgré les infiltrations pluviales. Ce sol antique ayant pourtant longuement subit le passage d'une foule d'individus, ne fournira étonnamment que de rares fragments de céramiques, d'éléments ou d'objets antiques identifiables.
Extension de la fouille et constat du pillage du bâti antique
Le dégagement de cette zone met en évidence la démolition et le dépouillement organisé postérieurement, total ou partiel, des structures antiques à l'abandon définitif de l'amphithéâtre romain pour des raisons inconnues.
Paroi antique ou réaménagement postérieur ?
Vestige d'une paroi du monument antique d'origine ou réemploi de matériaux récupérés pour un aménagement postérieur (?) Cette base de mur rencontrée dans une cave voûtée s'ouvrant au nord de l'arène, elle même, a été utilisée comme soutènement de l'immeuble de l'Hôtel de La Mercy. Cette solide construction repose sur une fondation de galets informels liés au mortier et partiellement superposée d'une enfilade de gros blocs de calcaire (Opus quadratum), eux mêmes rehaussés de plusieurs rangs de petits moellons de calcaire rectangulaires (opus vittatum) assemblés et jointés à la chaux.
Ce plan montre l'état général des vestiges de l'amphithéâtre antique dessinés en 1628 par Rulman et Barral, architectes antiquaires mandatés par le roi de France pour inventorier les vestiges antiques ou exceptionnels existants dans les provinces du royaume dont notamment ceux situés en Languedoc. La présence de l'amphithéâtre ou des arènes romaines dans le bourg Saint Jacques, (Section LX du cadastre actuel de Béziers), est connue depuis plusieurs siècles ainsi que ses lignes générales classiques qui sont absolument conforment aux règles architecturales romaines de l'antiquité (Dixit C. Olive, D.R.A.C.- S.R.A.) Les éléments structurels présentés sur ce superbe croquis sont tous analogues et conformes à ceux observés et vérifiés postérieurement lors des interventions réalisées sur ce grand édifice romain depuis 1991. On remarquera plus particulièrement les bases de pilastres dessinées sur ce document du XVIIéme siècle qui correspondent exactement à la seule et unique base de pilastre rescapée, découverte fortuitement en 1990 sous la place du Cirque, enfouie au dessous d'un monceau de ruines et de gravats probablement abandonné sur place lors du démantèlement et de la récupération totale ou partielle des pierres de l'édifice romain représentant une certaine valeur marchande ou économique.
En été 1990 un suivi de travaux de la Lyonnaise des Eaux intervenant sur les réseaux souterrains parcourant le sous sol de la Place du Cirque est gratifié par la mise à jour, aux environs de -160/-200 cm de profondeur, d'un entassement de gravats, de galets, de nodules de chaux et de moellons de calcaire provenant du démontage ancien du monument antique. Celui-ci sera à moitié dégagé mais mettra en évidence, sur moins de 2 m de longueur et une largeur incertaine, la base d'une section de paroi intérieure, coté est, de l'ambulacre elliptique parcourant autrefois tout le rez de chaussée de l'amphithéâtre. Cette portion de mur, haute de quelques 60/80 cm, est construite en petit appareil de calcaire (Opus vittatum) aux joints de chaux ferrés et peints en rouge. Elle forme un angle droit avec une seconde section de mur quasi-écroulé indiquant la proximité de l'embrasure d'un ancien couloir de vomitoire transversal ayant permis un accès aux étages supérieurs et aux gradins. Localisé vers environ -230 cm sous le niveau de la place actuelle, l'angle de jonction de ces deux murs ruinés se signale par l'assise carrée et massive, en calcaire monolithe, d'une grosse base de pilastre, restée miraculeusement en situation et portant sur trois de ses cotés plusieurs rangs superposés de moulures en cordon. Exacte réplique des bases de pilastres représentées en 1628, elle est posée sur une épaisse dalle de calcaire carrée fixée sur un sol en béton de tuileau portant des traces d'usures laissées par de nombreux passages de piétons.
Cliché exposant l'extension de la surface des fouilles accolée à l'est des ruines de vomitoires récemment mis à jour et à l'arrière de la bordure sud de l'arène, effectuée pour une appréciation des risques de possibles autres vestiges antiques éventuellement enfouis dans ce secteur bouleversé et encore inobservé. Dans ce secteur, il sera constaté une absence totale de restes de constructions antiques incluant une importante partie du mur podium qui pourrait confirmer un pillage organisé méticuleusement sur le monument romain après son abandon présumé autour de la seconde moitié du IIIéme siècle après J.C. Le retrait de 150 à 200 cm de remblais, plus ou moins anciens, révélera des stigmates de murs agencés avec des galets et des fragments ou éclats de calcaire liés avec de l'argile et associés à des armatures de cloisons en torchis indiquant une petite concentration d'humbles habitations, d'enclos, d'ateliers, de fosses ainsi que des petits fours à céramique et de métallurgie effondrés sur place
Traces d'habitations rudimentaires médiévales
**Notes : Ces indices de bâtis rudimentaires laissent entrevoir plusieurs périodes d'occupations épisodiques du haut moyen-âge, regroupant, peut être, un petit nombre d'artisans et leurs familles, mais ne fourniront que peu d'indice permettant d'obtenir une chronologie fiable et des précisions sur les occupants de cette zone.
Henri Bec et Isabelle des Garets conseillers départementaux